Une molécule unique peut-elle effectuer une fonction logique ?
Intégrer une fonction logique dans une molécule unique devrait permettre d'atteindre la taille ultime d'un calculateur fait de matière. Plusieurs concepts sont en développement pour faire un calcul à partir d'une seule molécule. Un des concepts vise à diviser la molécule en "qubits" afin d'exploiter l'ingénierie quantique développé ces dernières années autours des calculateurs quantiques. Le projet développé ici consiste a synthétiser une molécule qui permettrait de réaliser une fonction logique comme un permutateur quantique (SW AP). Cette molécule à fonction logique avec une remise à zéro optique serait constituée d'un centre bimétallique ruthenium(III) commutable. En effet, deux rutheniums(III) seraient en interaction magnétique au travers d'un squelette organique conjugué avec un troisième ruthénium. L'interaction magnétique est commuté ON et OFF en fonction de l'état d'oxydation du ruthénium central. Ce dernier peut être changé par la lumière en utilisant les propriétés spécifiques des systèmes à valence mixtes. De ce fait, la lumière déclenchera le calcul en ajoutant/enlevant un électron sur l'atome de ruthénium central. La propriété spéciale de cette molécule cible constituée de quatre centres métalliques est que les sphères de coordination autour des atomes de ruthéniums peuvent être différentes en choisissant des substituants appropriés, on peut avoir ainsi un accès optique différencié pour chaque atome de ruthénium sélectionné. Dans cette contribution, je m'attacherais à situer le sujet dans son contexte, montrer l'état de l'art et présenter ou en sont les développements quant à la synthèse de la molécule cible. Plusieurs étapes ont été franchies concernant la synthèse et la caractérisation des principaux constituants. En particulier, nous montrerons quelques travaux récents sur la caractérisationde ces complexes de ruthéniums par microscopie à effet tunnel (STM).
Date : Le 26 Janvier 2011 à 14h00.
Lieu : ENSCP, amphithéâtre Chodron